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Bien évidement, je ne considère pas que Dieu-Père est un père biologique … encore qu'étant créateur, il en est la source.

Je suis face à un dilemme : pour que Jésus soit pleinement homme (ce que je crois) il lui faut alors un génome humain complet. Celui-ci est normalement constitué de 23 chromosomes d’origine maternelle et autant provenant du père. Dans le cas de Jésus, d’où les a-t-il reçu alors qu’ils sont habituellement transmis par un spermatozoïde. 

Faut-il imaginer que Marie a fabriqué cette partie manquante ? Après tout, pourquoi pas : la vie est tellement surprenante ? Mais, sauf de rares exceptions, le genre masculin est conféré à l'embryon par le chromosome Y qui, classiquement, est transmis par le spermatozoïde paternel  : d’où provient celui de Jésus  ?

Je pousse la raison à ses limites … qui sont celles de la théologie. Alors quel est le rôle du Saint-Esprit ? Aurait-il fourni le demi génome manquant ? Mais selon quelle suite de gènes qui sont normalement fruits de l’histoire des générations antérieures ?

Je remarque que Jésus n'a pas parlé de sa conception et que Matthieu le fait en écho à une prophétie … aurait-il reconstruit, pour mieux convaincre ses interlocuteurs juifs, les circonstances de la naissance de Jésus à la lumière de la prophétie : une vierge  enfantera ?

Encore une fois, comment Jésus peut-il être pleinement homme s'il n'a pas un génome humain complet.2 ? Le dogme l’affirme, mais cette réponse théologique est-elle encore satisfaisante dès lors que nous connaissons les mécanismes de la reproduction et de l'hérédité ? Je ne mets pas en cause la bonne foi de Matthieu ou des Pères du concile, mais ils raisonnaient avec les connaissances de leur époque.
La théologie doit être compatible avec la raison : il faut une explication … laquelle ?

Les études décèlent nombre d'échos de l'AT dans le NT : montrer qu'un évènement vécu par Jésus, avait été annoncé par des prophètes : ne peut-on imaginer que Matthieu, convaincu que Jésus est le Messie, ait cru qu'il avait forcément satisfait tous les signes avant-coureurs qui figurent dans l'AT ; une intertextualité inversée. On aurait alors introduit dans son Evangile des signes prémonitoires comme ayant été vécu au temps de Jésus.

Pour être plus précis, je ne serais pas surpris qu'un rédacteur3 ait été convaincu que Jésus est le Messie et en déduisit qu'Il devait avoir satisfait aux prophéties le concernant. Il en arrive à reconstituer sa conception d'une manière qui lui parait logique pour être conforme aux écritures que connaissent ses interlocuteurs.

Notons que, si on admet une intervention de Joseph, cela règle le problème des gènes manquants et assure à Jésus une ascendance biologique avec le roi David (si Joseph en descend bien).. Mais cela bouscule le dogme …

Puisque dans sa vie publique Jésus ne semble pas avoir évoqué sa conception et son enfance, d’où l’évangéliste tenait-il les informations ? On peut penser que la source est Marie, mais aussi de témoin de l’époque ou … d’une élaboration théologique. On ne sait pas.

Des fidèles d’alors ont crus au contenu des évangiles apocryphes. Pourquoi Matthieu ne contiendrait-il pas d’erreur ?

Il est des questions qui n'ont pas de réponses accessibles (origine de la création, l'au-delà, … ) qui sont du domaine de la foi. Il en est qui relèvent de l'histoire, mais dont le temps a effacé le souvenir précis qui pourtant fut.
Les deux interrogations ne sont pas du tout du même ordre …

Dieu a réalisé une fantastique création raisonnable puisque son fonctionnement et son évolution sont, petit-à-petit, accessibles à notre entendement. Je ne doute pas qu'Il puisse faire ce que bon lui semble, mais je ne crois pas qu'Il en profite lorsque ce n’est pas indispensable.
Quelle différence, y aurait-il, à considérer que la virginité de Marie est symbolique, comme l'église a fini par admettre que le texte de la Genèse n'est pas historique ?

Nota : Luc précise qu’il s’est comporté comme un journaliste d’investigation : il rapporte ce qu’on lui a dit sans citer ses sources . Il n’apporte pas de faits nouveaux sur la conception susceptible de remettre en cause les interrogations précédentes.